Vous tenez un blog, vous êtes très présente sur le web, quelle influence cela a-t-il sur votre écriture ?

Je tiens effectivement un blog sous forme de « journal extime ». C’est l’endroit où je vais déverser mes « trop plein », trop plein de colère, de tristesse, ou de joie. Lorsque j’écris, je ne pense jamais au lecteur qui va recevoir ce texte, je réponds juste à un besoin personnel assez urgent au moment où je m’exprime. J’ai été extrêmement surprise des réactions de mes lecteurs, et de comment ce qui est personnel peut devenir universel. Mes lecteurs se retrouvent dans ce que j’écris, et si je parle de ma fille, alors en fait je leur parle de leur enfant. Et si je parle de ma tristesse, c’est en fait la leur qu’ils reconnaissent.
Je suis par ailleurs très présente sur le web depuis longtemps et de façon tout à fait naturelle pour moi. Je vis avec internet depuis l’âge de 15 ans (depuis 20 ans donc !) Bien avant qu’internet ne devienne le phénomène que l’on sait. Encore adolescente, et grâce à une mère avant-gardiste, j’ai assisté aux premières rencontres IRL d’internautes qui s’étaient rencontrés sur les tout premiers forums de discussion. J’ai intégré cette donnée dans ma façon de vivre, et j’ai moi-même très rapidement rencontré des gens de cette façon-là. Je ne fais pas la différence entre les amis rencontrés sur le net et ceux rencontrés dans la vraie vie. Pour moi, le web, c’est avant tout cette opportunité incroyable de rencontrer des gens merveilleux, en faisant fi des barrières habituelles liées à la bienséance, la timidité, les classes sociales, la géographie, que sais-je encore ! C’est l’outil de la spontanéité et de l’ouverture d’esprit.
Est-ce que tout cela a une influence sur mon écriture ? Honnêtement, je n’en ai aucune idée. C’est peut-être aux lecteurs de me le dire !



Vous avez choisi de travailler avec un éditeur numérique. Quel est votre ressenti par rapport à ce choix, et par rapport à la petite polémique déclenchée sur votre page facebook quand vous avez annoncé la parution de votre roman numérique ?

Très honnêtement, j’ai au départ eu un petit pincement au cœur, à l’idée de ne pas tenir mon roman en mains, comme certains de mes amis peuvent le faire.
La petite polémique née sur ma page facebook m’a piquée au vif et a emporté ma décision en fait. J’ai beaucoup de mal avec les esprits obtus, et je préfère être du côté de ceux qui regardent devant, plutôt qu’avec les passéistes et autres rétrogrades. J’ai trouvé stupides au plus haut point les arguments du type « Je ne te lirai pas parce que pour moi, lire c’est tenir un livre dans ses mains, humer l’odeur du papier, et autres balivernes ». Pour moi, lire, c’est ressentir des émotions, voyager, être surpris, charmé, emporté, interpellé. Ce n’est pas renifler des feuilles de papier. On a d’ailleurs eu un fou rire avec mon mari en essayant d’imaginer tous ces gens, au lit, sniffant leurs livres de chevet !
Au final, je suis ravie d’être publiée en numérique, parce que mon texte va voyager, va rencontrer de nouveaux lecteurs, et parce que le numérique ouvre de nouvelles dimensions de lecture. Je pense aux liens hypertextes par exemple. Je suis assez excitée à l’idée de tout ce qu’il va être possible de faire par le biais du numérique !



Comment envisagez-vous la suite de votre activité d’écrivain ? Quels sont vos projets ?

Je chemine lentement vers un deuxième roman. Je suis lente et rapide à la fois. Lente parce qu’il faut que l’histoire se mette en place dans ma tête, et que je fonctionne à partir d’images, de séquences presque cinématographiques. Je laisse ce travail se faire malgré moi. Je ne suis pas sérieuse car je devrais avoir un carnet pour noter les idées que je perds parfois ! Mais ce n’est pas grave, petit à petit, une nouvelle histoire s’installe en moi. Je sais que quand je m’installerai devant mon ordinateur, l’histoire se dévidera toute seule. La question est juste de savoir quand !
Je suis par ailleurs très très occupée, par mon travail, par ma vie de famille, et par les activités annexes qui rajoutent du sel et du poivre à tout cela, faire mes petites chroniques radio avec mes amis, et accompagner mon mari sur scène quand je le peux. L’écriture demande de la solitude et de n’avoir rien d’autre à faire. Je n’ai pas le courage d’y sacrifier mes heures de sommeil. Peut-être que si La pile du pont reçoit un bel accueil, ça me donnera du cœur à l’ouvrage et de l’énergie pour m’engager sérieusement dans l’écriture du prochain !

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