PIERRE CINQ-MARS

Je n’ai pas de casier, je ne fréquente pas le Sofitel de New York, mais j’ai chanté le requiem de Verdi à Carnegie Hall, avec deux cents autres choristes.

Je n’aime pas les martinis, mais pour cinq pesos, à Cayo Guillermo de Cuba, un taxi m’a amené à Pilar, célèbre place que fréquentait Ernest Hemingway.

J’ai écrit ce poème à douze ans: je bande en la regardant se déshabiller/j’ai cinq ans, elle en a soixante/la vie est drôle quand on plaisante. Je venais de sortir des starting blocs, ma carrière d’écrivain prenait son envol.

Plus tard, beaucoup plus tard, après des milliers de poèmes écrits, au milieu des années quatre-vingt, un certificat en créativité à l’Université de Montréal et ma rencontre avec Guy Lafond m’ont propulsé vers la prose: romans, nouvelles, “sky the limit”.

Ce fut, et c’est encore le pied. Je n’ai jamais écrit dans le but d’être publié et cette entreprise, je l’avoue, m’effraie un peu. J’aime le cocon soyeux de cette petite vie paisible et anonyme que je mène. Moi et mes écrits n’avons jamais pu intégrer les politiques éditoriales d’une quelconque maison d’édition. Je n’ai jamais été dans le courant du moment. J’écris ce que j’écris sans compromis. J’écris pour rendre un peu plus dérisoires nos petites vies ordinaires parsemées de ces petits drames ordinaires qui nous rendent si pathétiquement sympathiques.

Télécharger et lire L’Homme est un mâle comme les autres

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  1. auteursnumeriklivres a publié ce billet